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Intervention de Khadija Rouissi au premier colloque de Dialogos :

Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Je tiens à remercier mon ami Le Président Christian Charriere-Bournazel et les membres du conseil d’administration de la Fédération Internationale Diagolos pour leur aimable invitation à participer aux travaux de leur 1er colloque.

Au moment où nous discutons de l’égalité et de la discrimination :

Des centaines de millions d’enfants ne sont pas scolarisés dans le monde,

Plus d’un milliard de ses habitants vivent avec moins d’un euro par jour,

Près d’une femme sur 2 est battue ou victime de violences sexuelles,

75 % de la population mondiale vit dans des pays où les hostilités religieuses sont considérées comme « très élevées ».

Ces données chiffrées démontrent, hélas, que la philosophie ne recherche plus la sagesse, que la culture est éclatée en sous-cultures qui s’opposent, et puis surtout, que l’Europe n’est pas le centre du monde, et que sa stabilité dépend aussi et surtout de l’évolution de ces tendances extérieures. Quant à l’université, elle s’interroge, à juste titre, sur sa mission de culture et de critique. De plus en plus, on lui demande de préparer des professionnels, tout en l’accusant de ne plus préparer à la vie.

La planète est gouvernée par des forces économiques plus que par des Etats. Des processus plus ou moins anonymes d’arbitrages tranchent dans des labyrinthes de commissions, là où hier on croyait encore à des choix politiques.

La question de la violence et du religieux est vieille comme le monde ! Si Voltaire n’en est pas l’inventeur, il l’a mise à la mode dans la littérature moderne. Le malheureux Candide, propulsé par coups de pied, court d’un bout à l’autre de la planète et nous fait visiter avec lui les capitales de la violence.

Ce que Voltaire appelait fanatisme religieux est rebaptisé aujourd’hui fondamentalisme; un intégrisme qui nous préoccupe tous beaucoup; à très juste titre, mais n’oublions pas non plus que les massacres, notre siècle en a eu sa dose bien avant la montée en puissance de ces fous de Dieu : Hitler, Staline, le Cambodge, le Rwanda et les deux guerres mondiales et j’en passe.

Notre siècle est aussi celui de la violence la plus intime, fruit d’une désagrégation culturelle et sociale qui atteint le cœur de nos sociétés. Dans le culte de Dionysos, le lynchage est partout. Tous les épisodes du cycle nous montrent une foule qui déchire une victime avec ses mains, avec ses ongles, avec ses dents et souvent, la dévore vivante. Aujourd’hui, le lynchage est de retour.

Un jeune intellectuel musulman, Abdennour Bidar, dans une lettre ouverte au monde musulman adresse le message suivant : le monde musulman a enfanté des monstres terroristes aux noms de : les frères musulmans, Al QAIDA, Al Nosra, AQMI, BOCO HARAM et DAECH. C’est le prix de son choix : de mettre la religion dans sa version la plus fondamentaliste au cœur de sa civilisation.

Ce qui est visé ici, ce n’est pas l’islam en tant que foi ou pratiques culturelles, ou sentiments d’appartenance sacrés, mais l’islam en tant que moteur de la dynamique politique, économique et sociale au détriment d’une modernité séculaire.

En ce moment où nous discutons de l’égalité contre la discrimination, le porte parole de Daech lance cet appel publié en plusieurs langues :

« Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants …Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout (…) citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-les »

La chance et le génie de l’Europe ont été ses grands penseurs, particulièrement ceux du siècle des Lumières; et dont les idéaux universels ont pénétré de larges couches sociales.

Dans le monde musulman, il existe aussi un courant, certes minoritaire aujourd’hui, qui s’est abreuvé directement ou indirectement à l’idéologie des Lumières. Je citerai quelques noms : Tahtawi, Taha Hussayn, Mohamed Bel Hassan Ouazzani, Farah Antoun, Kassim Amin, Ali Abderrazik, Adonis, tous ceux qui ont pensé la religion, la politique et la société en termes modernistes, sécularisateurs, rationalistes. Mohamed Ali de l’Egypte et Ahmed Bey en Tunisie ont été d’une manière ou d’une autre sensibles au message des Lumières. Un homme comme Tahtaoui (1801-1873) a lu Voltaire, Montesquieu, Rousseau.

Bien que l’Europe se soit moins révélée à eux comme modèle pacifique de civilisation mais plutôt comme une puissance de maîtrise et de domination.

Mais l’histoire n’est pas linéaire; elle est bien cyclique. Le monde musulman vit très certainement une période de grande décadence; mais cela n’a pas toujours été le cas; et les vestiges architecturaux du passé, en Andalousie et ailleurs, sont là pour nous le rappeler. Les écrits des anciens penseurs, du monde musulmans, aussi. Averroés (Ibn Roshd) était l’un des premiers philosophes, par exemple, à accorder une grande importance à la question de l’égalité homme-femme, ou encore ce qu’il a appelé avec Platon « l’ordre idéal de la vie sociale ». C’était un philosophe audacieux, considérant déjà à l’époque l’homme et la femme comme appartenant au même genre, quatre siècles avant les Lumières.

Alors que des grands philosophes du monde musulman, comme al-Kindi, al-Farabi, Avicène (Ibn Sina), ont manifestement ignoré la question de l’Egalité du genre dans leurs travaux.

Cependant Averroès n’était pas le seul penseur originaire du Maghreb, à s’intéresser à ces questions modernisantes pour son époque, il y en a eu bien d’autres : Un certain Aboul-Hassan el-Amiri, déjà en 912, c’est à dire à peine quatre siècle après l’avènement de l’islam, el-Amiri écrivait son fameux « discours sur la politique des femmes »; démontrant que les capacités de ces dernières dans les domaines des sciences et des industries n’étaient en rien inférieures à celle des hommes
Déjà en 912, des penseurs arabes progressistes, originaires du monde musulmans, tentaient un début de réconciliation prometteur entre d’une part le discours philosophique inspiré des textes de Platon et d’autre part le discours religieux qui se base sur le Coran et les citations du prophète. C’est ainsi qu’Averroès affirma le droit de la femme de signer elle-même son contrat de mariage sans passer par la bénédiction parentale; et avança aussi des propositions audacieuses qui n’ont pas encore été validés aujourd’hui, ni par les Musulmans ni par les Catholiques d’ailleurs, notamment le droit de la femme à présider les prières et offices religieux, en présence d’hommes. Le droit de la femme d’occuper les plus hautes fonctions politiques, académiques et juridiques … arguant l’égalité en nature entre homme et femme : S’il la devance dans quelques activités, elle aussi le dépasse dans d’autres, cela résulte du fait qu’ils se sont accoutumés à exercer ces activités plus que d’autres, et ce n’est pas dû à une nature particulière de l’un ou de l’autre. Les différences entre eux dans certaines aptitudes n’étant qu’une différence de degré et non de genre ou de nature.

La structure d’une pensée rationnelle argumentative dans le monde musulmans existe bien; et ce depuis longtemps; encore faut-il la remettre à l’ordre du jour dans un monde musulman dominé de plus en plus par les plus fondamentalistes.

Aujourd’hui, nombreux ont du mal à accepter que au nom de la religion, on viole, lapide, humilie ou opprime les femmes.

En Europe, après la seconde guerre mondiale, certaines valeurs universelles ont connu une importante « montée en puissance ». C’est notamment le cas du droit à la vie, à la liberté et à l’égalité. Puis se posa aussi l’épineuse question de la « guerre des dieux », pour reprendre la fameuse expression de Max Weber: comment concilier ces valeurs lorsqu’elles entrent en contradiction l’une avec l’autre ? ou qu’elles se contredisent entre ce qui est prêché à l’intérieur de la cité et la politique menée à l’extérieur. Des questions qui ont été légitimement soulevées par Locke et Hobbes notamment, auxquelles ils ont tenté d’apporter des pistes de réflexion autour de la notion de liberté. Au XXe siècle, Hannah Arendt traita de l’égalité confrontée au développement des totalitarismes qui prônent l’égalité absolue et coercitive, pouvant avoir dans sa dimension exacerbée un effet destructeur. Ou encore comment concilier l’universalité des droits humains avec les composantes culturelles locales des identités; comme le dit Hannah Arendt, lorsqu’elle parle de « l’abstraite nudité de celui qui n’est plus rien qu’homme », privé ainsi de son identité, de son histoire et de sa culture qui font qu’il est différent d’un autre qui partage les mêmes valeurs et aspirations universelles.

Nous avons tendance à oublier qu’en matière de généralisation de l’accès à ces valeurs et leur mise en œuvre effective dans la réalité quotidienne, le monde entier est en retard, pas seulement le monde musulman. Même en Occident, le système démocratique n’a pas été sans connaître de violentes remises en question ici ou de lents progrès là, il n’a commencé à fonctionner progressivement dans l’espace occidental qu’après la deuxième guerre mondiale, quand il est devenu l’idéologie générale et irréversible de la société et de l’Etat. Et cela, il faut bien le dire, après une victoire militaire des démocraties sur le fascisme.

Au moment où l’Egypte des années 50 connaissait un régime semi-libéral dans le cadre d’une semi-indépendance, l’Allemagne vivait sous la houlette du nazisme, et l’Italie sous celle du fascisme.

Il est certain que les discriminations dans leur différentes formes continuent à priver des millions de citoyens du monde de leur droits fondamentaux mais la discrimination envers les femmes a été et continue d’être assez frappante dans notre système culturel, un système globalement favorable aux hommes au détriment des femmes. Comme en Occident, les femmes intellectuelles, artistes, ont été injustement écartées de la mémoire historique malgré leur contribution. Mais je tiens à rappeler ici, au-delà de l’image opaque et régressive dans laquelle nous avons souvent tendance à renfermer la femme dans le monde musulman, le fait est que le droit de vote des femmes était parfois acquis dans certains pays à majorité musulmane bien avant d’autres pays d’Europe occidentale : en 1934 en Turquie, avant la France, et en 1956 en Tunisie et au Maroc, avant la Suisse. Ces préjugés selon lesquels la femme occidentale serait destinée à devenir, tôt ou tard, libre et égale des hommes alors que la femme orientale serait soumise par essence est tellement bien enracinée dans les mentalités qu’elle cache la complexité de la situation, et surtout sa dimension cyclique et non linéaire; même si le sens du progrès, lui, est inéluctable.

Le Christianisme n’a-t’il pas résisté aussi pendant trois siècles à la modernité européenne et survécu difficilement en s’y adaptant ? Certains imaginent qu’on pourrait se débarrasser d’un trait de plume de l’emprise du religieux sur le politique et sur la société dans le monde musulman, mais cela ne peut se réaliser sans luttes au sein de la société ni en dehors d’une dialectique historique. Dialectique entre la religion et la modernité, entre la culture et la politique. En s’appuyant sur une profonde analyse historique, car l’histoire se tient derrière les luttes du présent.

Se pose aussi la question de ce que nous pouvons faire ensemble, occidentaux et orientaux, pour faire avancer la cause progressiste dans le monde musulman; car notre combat contre les forces obscurantistes n’a plus de frontières dans cet univers mondialisé qui est le nôtre. Et nos luttes s’inscrivent dans la même veine, nous devons en être conscients. Ce qui se passe chez nous a immédiatement des répercussions sur ce qui se passe en France, en Europe, aux Etats-Unis, et vice versa.

– la crise de la culture islamique Hichem Djaït Edition Fayard
– L’Islam Approche critique Mohammed Arkoun Edition Jacques Crancher
– Femmes d’islam ou le sexe interdit Attilio Gaudio/Renée Pelletier Edition Denoël/Gonthier
– Le statut de la femme dans la pensée de Ibn Rochd Ahmed Abdelhalim Atiyya

juin 30, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

الحركات الأصولية المتطرفة تسعى إلى ترهيب الدولة والمجتمع.
تواترت في الأسابيع الماضية العديد من الحالات الخطيرة التي تعتبر تهديدا حقيقيا لحقوق الإنسان، ولمجمل المكتسبات التي حققتها بلادنا في مجال الحريات العامة، وإعلانا صريحا من قبل الدوائر المتطرفة عن عزمها المساس بصورة بلادنا، وبروح التعايش والانفتاح الذي يزعج هذه الدوائر .وقد سجلنا بقلق بالغ في الفترة الأخيرة ما جرى في انزكان بمتابعة فتاتين من قبل النيابة العامة بتهمة » الإخلال بالحياء العام » على اثر محاصرتهما في الشارع العام من قبل جماعات أصولية متطرفة فوضت لنفسها لعب دور  » شرطة الأخلاق »، وهو ما يذكر بحالات مماثلة جرت في مناطق مختلفة من بلادنا ،و كذا رفع لافتات بإخراج  » داعشي » بشاطئ تغازوت يحث على منع السباحة  » بالبيكيني »،وفي ذات السياق، وصل الأمر إلى امتحان التلاميذ في مادة للتربية الإسلامية باقتراح موضوع يعتبر حقوق الإنسان مجالا للتنشئة على الانحلال الخلقي، والسلوكي….
و لأن هذه الحالات غير معزولة عن سياق أصبحت تتنامى فيه دعوات التكفير ، والتحريض ضد مثقفين، وفاعلين سياسيين، ومدنيين، ومبدعين ،وتتوسع فيه دوائر التحرك الميداني ، والالكتروني فيما يشبه استعراضا للقوة لفرض الرقابة والوصاية على المجتمع من مداخل دعوية متطرفة، ونزوعات تكفيرية وترهيبية تتستر وراء الدين بمنطق  » الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر،فان توسع هذه الدعوات يشكل خطرا حقيقيا على المجتمع والدولة على حد سواء من خلال توريط القضاء في ملفات تشكل انتهاكا لحقوق الإنسان، ومسا بتوجهات الدستور ،وضربا لاستقرار المغرب ولمشروعه الحداثي الديمقراطي، في مشروع يستهدف ترهيب الدولة والمجتمع والمس بالمؤسسات.
ولأننا في « بيت الحكمة » سبق أن نبهنا غير ما مرة لمثل هذه الانزلاقات، والانحرافات الخطيرة التي تأخذ في كل مرة أبعادا مختلفة، فإننا اليوم ندق ناقوس الخطر من جراء ما يجري في بلادنا في محاولات مكشوفة للمس بفضاء الحريات العامة، ومن محاولات لاستغلال واختراق مؤسسات الدولة لفرض نموذج أصولي غريب عن بلادنا، ومن خلاله تفتيت اللحمة المجتمعية بتقويض أسس التعايش المشترك وجر المغرب إلى الفتنة الطائفية والمذهبية.

juin 25, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

بيت الحكمة يستنكر منع فيلم نبيل عيوش، ويعتبر أن هذا القرار مصادرة لحرية الفن والابداع.
نتابع بقلق بالغ مجريات النقاش ، وردود الأفعال التي خلفها فيل المخرج المغربي نبيل عيوش »الزين اللى فيك ».وهي ردود الأفعال التي أخذت مناحي خطيرة ، واتجاهات تعمل على مصادرة الحق في السينما، وفي إعلان الرقابة على الإبداع الفني ،والترويج لخطابات أخلاقوية تخشى من مشاهدة الواقع في السينما، بمبررات لا علاقة لها بثقافة النقد السينمائي ، ولا بالقراءات الفيلمية القائمة على تقييم العمل السينمائي من مداخل تعبيرية، وجمالية، ودلالية، وتقنية قادرة على الحكم على جودة العمل الفني.
وإننا إذ نذكر بموقفنا الداعم لحرية الإبداع والفن نعتبر أن الهجوم على فيلم سينمائي بمبررات غير موضوعية ، أمر يتعارض كلية مع حرية التعبير والإبداع المكفولة دستوريا، وكونيا، كما تتعارض مع ثقافة النقد السينمائي. فإذا كان الفيلم يشتغل على موضوعة الدعارة، فالعيب ليس في السينما بل في الواقع،ومن يخشى من السينما لا يمكنه حجب لغة الواقع.وإذا كان العمل الإبداعي ضعيفا أو رديئا ، فينبغي الكشف عن مكامن ضعفه دونما إعلان سيف الرقابة والوصاية على السينما، ومصادرة الرؤى التعبيرية والفنية بمبررات لا علاقة لها بالسينما.
وإننا في بيت الحكمة نعتبر قرار منع فيلم سينمائي مغربي قرار خطير، وهو مصادرة مكشوفة لحرية الإبداع والفنون.واننا اذ نعتبر بأن قرار المنع يدشن حلقة جديدة من الحلقات التي تستهدف في العمق مشروع الحداثة الفكرية والثقافية ببلادنا،فإننا بالمقابل نعلن تخوفنا من راهن ومستقبل الحرية الفكرية والإبداعية التي ناضلت أجيال من أجل تحصينها وتثبيتها كمكتسبات تاريخية ببلادنا،وندق ناقوس الخطر لما يمكن أن يترتب على قرارات من هذا القبيل.

الرباط في 26 ماي 2015
رئيس بيت الحكمة عبد الفتاح بناني

mai 27, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

Lettre ouverte au monde musulman
Par Abdennour Bidar
Philosophe et Écrivain

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident !
Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre – perdre ton temps et ton honneur – dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.
Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries « Ce n’est pas moi ! », « Ce n’est pas l’islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t’insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu’à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l’islam dénonce la barbarie. Mais c’est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l’autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l’autocritique. Tu te contentes de t’indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l’islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme ce n’est pas l’islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »
J’entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l’islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence… Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l’islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir… Et cela m’inspire une question – LA grande question : pourquoi ce monstre t’a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t- il choisi ton visage et pas un autre ? C’est qu’en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.
Ce problème est celui des racines du mal. D’où viennent les crimes de ce soi-disant « Etat islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c’est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre – et il en surgira autant d’autres monstres pires encore que celui-ci tant que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !
Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart ils ont tellement oublié ce qu’est la puissance de la religion – en bien et en mal, sur la vie et sur la mort – qu’ils me disent « Non le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc. ». Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d’une civilisation humaine ! Et que l’avenir de l’humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l’échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent – et qui comme l’islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.
Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIème siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque là avec ses dieux ! C’est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu’entrevoit leur espérance !
Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l’avenir ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c’est l’état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms de Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou «Etat Islamique». Ils ont bien compris que cene sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.
Tout cela serait-il donc la faute de l’Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?
Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l’avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l’Occident. Soit tu t’es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l’intérieur de tes frontières – un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l’Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité – je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu’est le culte du dieu argent. Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l’Inde à l’Espagne ? En réalité tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même… Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu’agressif… Tu t’obstines à ne pas écouter ceux qui t’appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière.
Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu’« Il n’y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l’empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ?
De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s’élèvent aujourd’hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d’une religion autoritaire et indiscutable… Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu’ils ne comprennent même pas qu’on leur parle de liberté spirituelle, ni qu’on leur parle de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l’islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu’ils n’osent pas donner à leur propre conscience le droit de le remette en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge, et où l’éducation spirituelle est d’une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !
Or cela de toute évidence n’est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l’Etat islamique. Non ce problème là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l’entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n’entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t’illusionnes, ô mon ami, en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l’islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d’évoquer – une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive – est trop souvent l’islam ordinaire, l’islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l’islam du passé dépassé, l’islam déformé par tous ceux qui l’instrumentalisent politiquement, l’islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?
Bien sûr dans ton immense territoire il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d’approfondissement spirituel ; des lieux où l’islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l’honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l’être humain et la réalité ultime qu’on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d’islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d’un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l’instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J’ai mon propre rapport à l’islam»n’a été reconnu par «l’islam officiel» des dignitaires. Ceux-là au contraire s’acharnent à imposer que « La doctrine de l’islam est unique » et que « L’obéissance aux piliers de l’islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).
Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l’une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l’un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d’un Bien et d’un Mal, d’un licite (halâl) et d’un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées tu associes encore la religion et la violence – contre les femmes, les « mauvais croyants », les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles – de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !
Alors ne fais plus semblant de t’étonner, je t’en prie, que des démons tels que le soi- disant Etat islamique t’aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C’est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l’éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n’es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C’est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.
Cher monde musulman… Je ne suis qu’un philosophe, et comme d’habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu’à faire resplendir à nouveau la lumière – c’est le nom que tu m’as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ». Je n’aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « Qui aime bien châtie bien ». Et au contraire tous ceux qui aujourd’hui ne sont pas assez sévères avec toi – qui veulent faire de toi une victime – tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

mai 24, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

Interruption volontaire de grossesse:
Propositions cruelles, machistes et anachroniques.

Bayt Al Hikma est très préoccupée par les conclusions des commissions chargées d’élaborer des propositions sur l’interruption volontaire de grossesse.
Notre association a participé activement au débat ouvert sur les sujet par :
• L’organisation d’une table ronde sur la question.
• La participation à la réunion tenue au CNDH.
• La rédaction d’un mémorandum remis au Président du CNDH.
et considère que ses propositions, qui rejoignent celles d’un très grand nombre d’acteurs associatifs et politiques, n’ont pas été prises en compte.

Bayt Al Hikma considère que légaliser l’interruption volontaire de grossesse seulement dans le cas de grossesses qui résultent d’un viol ou de l’inceste, dans le cas où la santé physique de la mère serait en danger ou encore dans le cas de graves malformations fœtales restent insuffisantes.
Les propositions faites n’apportent aucune solution, ni alternative au nombre exorbitant d’avortements pratiqués quotidiennement (800 selon les ONG) et dangereux pour la vie et la santé des femmes qui ont parfois recours à des techniques extrêmement dangereuses qui peuvent causer leur mort.
Nous considérons le fait d’ignorer une grande partie de femmes qui ont recours à l’avortement clandestin faute de moyens, et qui gardent des séquelles à vie sans leur offrir une protection juridique et préserver leur santé, relève d’une extrême cruauté.

Le fait aussi que la femme ne puisse pas disposer de son corps en ayant recours à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) et empêcher cette dernière de choisir le fait de garder son enfant ou pas dans la limite de 120 jours et lui imposer un poids social qui ne sera bénéfique ni pour elle ni pour la société dans laquelle elle vit rend ces propositions machistes car on ne peut continuer de traiter les femmes au Maroc comme des mineures au nom d’une idéologie obscurantiste et continuer de leur faire payer le prix d’une société immature alors que leur seul « crime » est qu’elles sont nées avec des ovaires.

Bien que la Constitution de 2011 exige clairement le respect de nos engagements internationaux en matière de droits de l’Homme, la définition de la santé par l’OMS (physique, psychique et sociale) n’a pas été prise en compte.
Les 800 femmes qui se faisaient avorter dans la clandestinité continueront à le pratiquer, en s’exposant au danger de mort, et celles qui ne pourront pas avorter seront exposées à une condamnation à mort sociale, seront victimes de traites de personnes et leurs enfants à l’abandon et là a stigmatisation.
L’état n’est-il pas sensé protéger leur santé physique, psychique et sociale en leur offrant des structures de santé adaptées où elles pourraient avorter en toute sécurité et un cadre juridique adéquat?

Le combat doit continuer pour que la loi soit en conformité avec les exigences de la réalité et le respect de la dignité humaine.

mai 19, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

بيان بيت الحكمة حول منطق الأغلبية والأقلية في تدبير قضايا الحقوق والحريات

لوحظ في الآونة الأخيرة لجوء الحزب الأغلبي في الحكومة من خلال تصريحات بعض أعضائه من برلمانيين ووزراء إلى منطق الأغلبية والأقلية من أجل وضع حدّ للحوار الوطني في قضايا مصيرية تتعلق بالحقوق الأساسية للمواطنين المغاربة، مثل الحريات العامة والحريات الفردية والحق في الإجهاض والحق في المساواة وفي مناهضة العنف، وهي القضايا التي تثار في سياق مسلسل الانتقال السلمي نحو الديمقراطية ببلادنا، وفي هذا الصدد يعلن بين الحكمة للرأي العام الوطني وللطبقة السياسية والمجتمع المدني ما يلي:
ـ أن قضايا الحقوق والحريات وقيم العدل والمساواة والكرامة الإنسانية تعدّ المرتكز الأساس للخيار الديمقراطي الذي يعد بدوره من ثوابت البلاد السياسية التي يؤكد عليها الدستور، وأن أية محاولة للتغطية على هذه القيم أو تحريفها أو إفراغها من مدلولها الحقيقي من أجل تكريس منظور استبدادي جديد، سيعتبر معاكسة للتوجهات الوطنية الكبرى.
ـ أن منطق الأغلبية العددية إن كان ضروريا لإفراز من يتولى تدبير الشأن العام من خلال انتخابات نزيهة وشفافة، إلا أنه لا يمكن أن يستعمل ذريعة لإجهاض الخيار الديمقراطي بتكريس القيم المضادة لحقوق الإنسان المتعارف عليها دوليا، والتي يقرها الدستور المغربي باعتبارها كلا غير قابل للتجزيء.
ـ إن الدعوة إلى الإبقاء على الكثير من مظاهر التخلف وهدر الكرامة والإخلال بمبادئ المواطنة بحجة كون ذلك ما ترغب فيه « الأغلبية »، هو منطق معادي للتطور والتغيير، ولا يمكن أن يكون في صالح الخيار الديمقراطي المتوافق عليه، حيث يتمثل الواجب التاريخي والوطني للحكومات في تأهيل المجتمع والرقي بالوعي العام إلى مستوى الطموحات المعلنة والأهداف النبيلة المعبر عنها في الخطاب السياسي العام الذي تعكسه الطبقة السياسية، وفي المطالب الديمقراطية التي لا يفتأ يعبر عنها المجتمع المدني المغربي.
ـ أن منطق التطور الذي يحكم جميع مجتمعات العالم بدون استثناء، إنما يقوم على إمكان التغيير وضرورة التجاوز والمضي إلى الأمام باستمرار نحو الأفضل، وليس على منطق العودة إلى مساوئ الماضي، يدلّ على ذلك أن الكثير من عادات وتقاليد الأغلبية تم تجاوزها باعتماد فكر الأقلية النيرة، لكون تلك العادات والتقاليد لم تكن قيما قابلة للاستمرار بعد أن تجاوزها الواقع وضرورات الوقت.

ـ إن منطق التطور الذي حكم مجمل التحولات التي عرفها المجتمع المغربي منذ الاستقلال لم يكن قط يتماشى مع الأفكار السائدة في المجتمع، بل قام عكس ذلك على جهود النخب الوطنية المسؤولة التي تحلت بحسّ مستقبلي، واستطاعت إقرار الاختيارات التي وضعت قطار النهضة المغربية على سكته المنشودة.
ـ إن قضايا الإجهاض والقانون الجنائي والحريات والمساواة بين الجنسين وغيرها من القضايا الحيوية، إنما تطرح للنقاش في ظل المكتسبات الوطنية التي يحميها الدستور، وليس في إطار النزعة النكوصية الراغبة في العودة بنا إلى الوراء، ومن تم فكل من يسعى إلى إيقاف حركة التاريخ نحو التطور و التقدم والنقاش الدائر في المجتمع باستعمال الإرهاب والعنف اللفظي والتهديد ومنطق دكتاتورية الأغلبية المضاد للقيم الديمقراطية، ستبوء جهوده بالفشل.

الرباط في 17 ماي 2015

mai 18, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

Intervention du Professeur Sakina Rochd au nom de Bayt Al Hikma à la conférence sur l’avortement clandestin organisée par le Ministère de la Santé : L’avortement clandestin au Maroc est une réalité quotidienne, qui à l’heure actuelle, représente un réel danger social. On compte près de 800 femmes quo se font avorter chaque jour d’après les chiffres des ONG. Face aux pressions économiques et sociale, de nombreuse femmes interrompent leur grossesse au péril de leur santé. Des interruptions de grossesse qui peuvent causer leur mort ou bien laisser des séquelles physiques et psychologiques. Tandis que les niveaux de morbidité et de mortalité maternelles dues à l’avortement ont diminué de façon drastique dans les pays qui l’ont libéré. Plusieurs ONG qui travaillent sur l’avortement clandestin depuis longtemps ont réagi à ce fléau. à nous à Bayt Al Hikma, nous demandons à ce que la femme ait le droit de disposer de son corps en ayant recours à l’IVG. Cette dernière est un avortement provoqué, décidé pour des raisons non- médicales, dans un cadre légal et des conditions fixées par la loi sachant que la classe sociale la plus touchée par ce fléau est la classe pauvre. Les anti- avortement eux, doivent comprendre qu’une femme qui tombe enceinte et qui ne se fait pas avorter est morte socialement et ira les yeux fermés vers la prostitution. Et pour répondre à Mme Bassima Hakkaoui qui a dit que la problématique de l’avortement ne peut pas être réglée par une loi et qu’il faut prendre son temps, nous allons répondre: Quel temps allons nous prendre quand des personnes meurent chaUe jour? Quand des nouveaux nés sont jetés dans des poubelles? Quand des jeunes filles mineurs sortent du foyer parental pour aller se prostituer? Et avec tout ce qu’engendre l’avortement clandestin, au lieu d’agir rapidement, on a envie de prendre son temps. Il faut aussi savoir qu’aucune femme ne se fait avorter par plaisir. Il s’agit d’une souffrance psychologique insupportable comme a dit Simone Vieil un jour à l’assemblée nationale:  » Aucune femme n’a recours de gaieté de coeur à l’avortement. Il suffit de les écouter. C’est toujours un drame. » C’est aussi pour cette raison que nous devons lui laisser , à elle seule, le choix de garder son enfant ou pas. Il s’agit d’une décision strictement personnelle comme a dit Barack Obama:  » Cette décision non seulement protège la santé des femmes et la liberté de reproduction mais symbolise un principe plus large: que le gouvernement n’a pas se mêler des affaires de famille les plus intimes. » On pense que nous ne devons parler, ni de viol, ni d’inceste parce que, justement, chaque femme est libre de disposer de son corps. C’est une décision qu’on a pas à justifier. Bien entendu, l’IVG ne doit en aucun cas, être considérée comme un moyen de contraception Toute femme ne désirant pas avoir d’enfants doit avoir recours un moyen de contraception adapté à son cas. L’éducation sexuelle au sein des écoles est un cours qui devrait être inclu dans les programmes scolaires. Les campagnes de sensibilisation sont d’une nécessité majeure car toute femme, mariée ou pas, jeune ou moins jeune, doit être consciente que différents moyens de contraception sont à sa disposition que ce soit en vente libre à la pharmacie , ou gratuitement dans les centres hospitaliers qu’il s’agisse de la contraception ordinaire ou régulière ou de la contraception d’urgence qui reste sous utilisée au Maroc au profit de l’avortement clandestin. L’IMG elle, où l’intervention médicale de grossesse, qui devrait être pratiquée en cas de danger pour la santé de la mère ou en cas de malformations foetales ne l’est toujours pas en tant que telle au Maroc parce que le code pénal marocain et plus précisément l’article 453 n’a pas connu une modification depuis le décret du 1 er Juillet 1967 , tandis que la médecine, elle, a progressé ces dernières années et on peut diagnostiquer aujourd’hui les malformations foetales. C’est pour cela que l’instauration de centres de diagnostique prénatale est d’une importance capitale au sein des centres hospitaliers, qui offriraient un soutien psychologique aux femmes dans de telles situations. Envoyé de mon iPad Intervention du Professeur Sakina Rochd au nom de Bayt Al Hikma à la conférence sur l’avortement clandestin organisée par le Ministère de la Santé : L’avortement clandestin au Maroc est une réalité quotidienne, qui à l’heure actuelle, représente un réel danger social. On compte près de 800 femmes quo se font avorter chaque jour d’après les chiffres des ONG. Face aux pressions économiques et sociale, de nombreuse femmes interrompent leur grossesse au péril de leur santé. Des interruptions de grossesse qui peuvent causer leur mort ou bien laisser des séquelles physiques et psychologiques. Tandis que les niveaux de morbidité et de mortalité maternelles dues à l’avortement ont diminué de façon drastique dans les pays qui l’ont libéré. Plusieurs ONG qui travaillent sur l’avortement clandestin depuis longtemps ont réagi à ce fléau. à nous à Bayt Al Hikma, nous demandons à ce que la femme ait le droit de disposer de son corps en ayant recours à l’IVG. Cette dernière est un avortement provoqué, décidé pour des raisons non- médicales, dans un cadre légal et des conditions fixées par la loi sachant que la classe sociale la plus touchée par ce fléau est la classe pauvre. Les anti- avortement eux, doivent comprendre qu’une femme qui tombe enceinte et qui ne se fait pas avorter est morte socialement et ira les yeux fermés vers la prostitution. Et pour répondre à Mme Bassima Hakkaoui qui a dit que la problématique de l’avortement ne peut pas être réglée par une loi et qu’il faut prendre son temps, nous allons répondre: Quel temps allons nous prendre quand des personnes meurent chaUe jour? Quand des nouveaux nés sont jetés dans des poubelles? Quand des jeunes filles mineurs sortent du foyer parental pour aller se prostituer? Et avec tout ce qu’engendre l’avortement clandestin, au lieu d’agir rapidement, on a envie de prendre son temps. Il faut aussi savoir qu’aucune femme ne se fait avorter par plaisir. Il s’agit d’une souffrance psychologique insupportable comme a dit Simone Vieil un jour à l’assemblée nationale:  » Aucune femme n’a recours de gaieté de coeur à l’avortement. Il suffit de les écouter. C’est toujours un drame. » C’est aussi pour cette raison que nous devons lui laisser , à elle seule, le choix de garder son enfant ou pas. Il s’agit d’une décision strictement personnelle comme a dit Barack Obama:  » Cette décision non seulement protège la santé des femmes et la liberté de reproduction mais symbolise un principe plus large: que le gouvernement n’a pas se mêler des affaires de famille les plus intimes. » On pense que nous ne devons parler, ni de viol, ni d’inceste parce que, justement, chaque femme est libre de disposer de son corps. C’est une décision qu’on a pas à justifier. Bien entendu, l’IVG ne doit en aucun cas, être considérée comme un moyen de contraception Toute femme ne désirant pas avoir d’enfants doit avoir recours un moyen de contraception adapté à son cas. L’éducation sexuelle au sein des écoles est un cours qui devrait être inclu dans les programmes scolaires. Les campagnes de sensibilisation sont d’une nécessité majeure car toute femme, mariée ou pas, jeune ou moins jeune, doit être consciente que différents moyens de contraception sont à sa disposition que ce soit en vente libre à la pharmacie , ou gratuitement dans les centres hospitaliers qu’il s’agisse de la contraception ordinaire ou régulière ou de la contraception d’urgence qui reste sous utilisée au Maroc au profit de l’avortement clandestin. L’IMG elle, où l’intervention médicale de grossesse, qui devrait être pratiquée en cas de danger pour la santé de la mère ou en cas de malformations foetales ne l’est toujours pas en tant que telle au Maroc parce que le code pénal marocain et plus précisément l’article 453 n’a pas connu une modification depuis le décret du 1 er Juillet 1967 , tandis que la médecine, elle, a progressé ces dernières années et on peut diagnostiquer aujourd’hui les malformations foetales. C’est pour cela que l’instauration de centres de diagnostique prénatale est d’une importance capitale au sein des centres hospitaliers, qui offriraient un soutien psychologique aux femmes dans de telles situations. Envoyé de mon iPad Intervention du Professeur Sakina Rochd au nom de Bayt Al Hikma à la conférence sur l’avortement clandestin organisée par le Ministère de la Santé : L’avortement clandestin au Maroc est une réalité quotidienne, qui à l’heure actuelle, représente un réel danger social. On compte près de 800 femmes quo se font avorter chaque jour d’après les chiffres des ONG. Face aux pressions économiques et sociale, de nombreuse femmes interrompent leur grossesse au péril de leur santé. Des interruptions de grossesse qui peuvent causer leur mort ou bien laisser des séquelles physiques et psychologiques. Tandis que les niveaux de morbidité et de mortalité maternelles dues à l’avortement ont diminué de façon drastique dans les pays qui l’ont libéré. Plusieurs ONG qui travaillent sur l’avortement clandestin depuis longtemps ont réagi à ce fléau. à nous à Bayt Al Hikma, nous demandons à ce que la femme ait le droit de disposer de son corps en ayant recours à l’IVG. Cette dernière est un avortement provoqué, décidé pour des raisons non- médicales, dans un cadre légal et des conditions fixées par la loi sachant que la classe sociale la plus touchée par ce fléau est la classe pauvre. Les anti- avortement eux, doivent comprendre qu’une femme qui tombe enceinte et qui ne se fait pas avorter est morte socialement et ira les yeux fermés vers la prostitution. Et pour répondre à Mme Bassima Hakkaoui qui a dit que la problématique de l’avortement ne peut pas être réglée par une loi et qu’il faut prendre son temps, nous allons répondre: Quel temps allons nous prendre quand des personnes meurent chaUe jour? Quand des nouveaux nés sont jetés dans des poubelles? Quand des jeunes filles mineurs sortent du foyer parental pour aller se prostituer? Et avec tout ce qu’engendre l’avortement clandestin, au lieu d’agir rapidement, on a envie de prendre son temps. Il faut aussi savoir qu’aucune femme ne se fait avorter par plaisir. Il s’agit d’une souffrance psychologique insupportable comme a dit Simone Vieil un jour à l’assemblée nationale:  » Aucune femme n’a recours de gaieté de coeur à l’avortement. Il suffit de les écouter. C’est toujours un drame. » C’est aussi pour cette raison que nous devons lui laisser , à elle seule, le choix de garder son enfant ou pas. Il s’agit d’une décision strictement personnelle comme a dit Barack Obama:  » Cette décision non seulement protège la santé des femmes et la liberté de reproduction mais symbolise un principe plus large: que le gouvernement n’a pas se mêler des affaires de famille les plus intimes. » On pense que nous ne devons parler, ni de viol, ni d’inceste parce que, justement, chaque femme est libre de disposer de son corps. C’est une décision qu’on a pas à justifier. Bien entendu, l’IVG ne doit en aucun cas, être considérée comme un moyen de contraception Toute femme ne désirant pas avoir d’enfants doit avoir recours un moyen de contraception adapté à son cas. L’éducation sexuelle au sein des écoles est un cours qui devrait être inclu dans les programmes scolaires. Les campagnes de sensibilisation sont d’une nécessité majeure car toute femme, mariée ou pas, jeune ou moins jeune, doit être consciente que différents moyens de contraception sont à sa disposition que ce soit en vente libre à la pharmacie , ou gratuitement dans les centres hospitaliers qu’il s’agisse de la contraception ordinaire ou régulière ou de la contraception d’urgence qui reste sous utilisée au Maroc au profit de l’avortement clandestin. L’IMG elle, où l’intervention médicale de grossesse, qui devrait être pratiquée en cas de danger pour la santé de la mère ou en cas de malformations foetales ne l’est toujours pas en tant que telle au Maroc parce que le code pénal marocain et plus précisément l’article 453 n’a pas connu une modification depuis le décret du 1 er Juillet 1967 , tandis que la médecine, elle, a progressé ces dernières années et on peut diagnostiquer aujourd’hui les malformations foetales. C’est pour cela que l’instauration de centres de diagnostique prénatale est d’une importance capitale au sein des centres hospitaliers, qui offriraient un soutien psychologique aux femmes dans de telles situations. Envoyé de mon iPad

mars 16, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

بيان بيت الحكمة بخصوص الهجمة الإرهابية ضد مجلة شارلي إبدو

تلقينا في بيت الحكمة بألم واستنكار بالغين خبر العملية الإرهابية الذي استهدفت مجلة شارلي « إبدو الفرنسية »، والتي أودت بحياة اثني عشر من ضمنهم ثمانية عضوا من طاقم تحريرها، وأدت إلى جرح أزيد من عشرة آخرين، وإذ نعتبر العملية سلوكا جبانا في غاية الوحشية والانحطاط، نعلن للرأي العام الوطني والدولي ما يلي:
ـ تضامننا المطلق مع المجلة ضحية الإرهاب، وتعازينا الحارة للدولة الفرنسية ولعائلات الضحايا الأبرياء.
ـ اعتبارنا العملية الإرهابية المذكورة عملا دنيئا يستهدف حرية الرأي والتعبير، وحرية المعتقد، في بلد اعتبر رائدا في إشاعة قيم التنوير والتعريف بهذه القيم الإنسانية النبيلة.
ـ دعوتنا كل أحرار العالم إلى التشبث بقيم الحرية والمساواة والعدل كما هي متعارف عليها عالميا، وعدم السماح لأقلية صغيرة من الظلاميين بالمسّ بهذه القيم والإساءة إليها في أذهان المؤمنين بها.
ـ دعوتنا الجالية المسلمة في فرنسا وكل دول أوروبا إلى الاتحاد والتكتل ضدّ الإرهاب الدولي وضدّ التطرف الأعمى الغريب عن القيم الروحية لكل الشعوب، والتبرؤ من الإرهابيين حماية للغالبية العظمى من المسلمين الذين لا علاقة لهم بمثل هذه الأعمال الإجرامية.

janvier 7, 2015 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

​​بيان​
مسودة قانون المسطرة الجنائية لا تستجيب لمضامين وفلسفة الدستور، ويعطل فرصة الإصلاح الحقيقي.
إننا في  » بيت الحكمة » ، بعد اطلاعنا على مسودة مشروع قانون المسطرة الجنائية، واستحضارنا للرهانات المرتبطة بضرورة ملاءمة المشروع المذكور مع روح ومضمون ومرامي دستور 2011، واعتبارا لمتطلبات ومستلزمات إصلاح منظومة العدالة ارتباطا بإقرار قواعد قانونية شكلية تنظم إجراءات المتابعة، والتحقيق، والمحاكمة، فإننا نسجل ما يلي
-إن مسودة المشروع تكرس خرق مبدأ سرية البحث التمهيدي من خلال إعطاء النيابة العامة وحدها حق اطلاع الرأي العام على مجريات القضية مع إمكانية تفويضها هذا الحق للضابطة القضائية.
-خرق قرينة البراءة المنصوص عليها دستوريا من خلال توسيع أسباب الوضع تحت الحراسة النظرية، والشروط المحددة للاعتقال الاحتياطي.
– إن قواعد المسطرة الجنائية جاءت خالية من إقرار الجزاء عن عدم التقيد بها ، وإعمال مقتضياتها. كما هو الشأن بالنسبة لخرق مقتضيات الفصول المتعلقة باشعار كل شخص موضوع تحت الحراسة النظرية بحق الصمت، والاستفادة من مساعدة قانونية، والاتصال بأقاربه، وتعيين محام أو طلب تعيينه في اطار المساعدة القضائية…
-ورغم تنصيصها على مقتضيات جديدة من قبيل إلزامية الوسائل السمعية البصرية لاستجواب الأشخاص الموضوعين تحت الحراسة النظرية للمشتبه في ارتكابهم جنايات أو جنح تتجاوز العقوبة المقرر لهما سنتين حبسا، فقد أوردت الاستثناء الذي يفرغ هذا المقتضى من محتواه عندما سمحت لضابط الشرطة القضائية بالتحلل من هذا الالتزام إذا تعذر ذلك لأسباب تقنية، ناهيك عن عدم التنصيص على الجزاء المرتبط بخرق هذا المقتضى.
-إن المشروع لا ينسجم مع المعايير الدولية المتعلقة بمؤازرة جميع الموضوعين تحت الحراسة النظرية من طرف محامين، مقابل تقزيم دورهم وجعله مقصورا على حضور استنطاق الأحداث، وذوي الاعاقة .
– تضمن المشروع العديد من المقتضيات التي لا تكفل استقلال القضاة، كما هو الشأن بالنسبة لتعيين قضاة التحقيق وقضاة الأحداث.
لهذه الاعتبارات- وأخرى- فإننا في بيت الحكمة نعتبر أن المشروع يتعارض مع ما صرح به وزير العدل والحريات من كون المشروع نجح في إقرار قواعد تضمن التوفيق بين وقاية المجتمع من الجريمة وضمان الأمن من جهة، وحماية الحقوق وحرية الأشخاص من جهة أخرى.وبالمقابل نعتبر أن المشروع المذكور لا يتلاءم ومنطوق الدستور، و لا يرقى لمتطلبات الإصلاح الشامل والعميق للعدالة، كما أنه يضيع فرصة حقيقية للإصلاح، في مرحلة من المفروض أن تقطع فيها بلادنا أشواطا متقدمة تستجيب للانتظارات التاريخية الكبرى، بشجاعة ومسؤولية .
الرباط 17 يونيو 2014.

juin 19, 2014 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

الدستور ليس مقدّسا، لكن تعديله لا يعني العودة إلى الوراء
أحمد عصيد
في اللقاء الدراسي الذي نظمه فريقا حزبي الاتحاد الاشتراكي والاستقلال بالبرلمان يوم الثلاثاء 27 ماي 2014، حول « الحقوق اللغوية والثقافية والتحديات المطروحة »، سمعت من دعا إلى التراجع عن بعض مكتسبات الأمازيغية في دستور 2011، معتبرا أن « الدستور ليس مقدسا وهو قابل للتعديل »، وينبغي التنبيه إلى أن هذا يعكس مقدار التفاوت الكبير بين أعضاء النخبة السياسية والثقافية في فهمهم لمعنى الديمقراطية أولا، ولتقديرهم لما فيه مصلحة البلاد ثانيا.
أن يكون الدستور وثيقة مدنية نسبية غير مقدسة وقابلة للتعديل فهذا مما لا شك فيه، ما دامت النصوص المقدسة نفسها عرضة للتأويل والتفسير بل وحتى للتعطيل بسبب ضرورات الوقت، والأمثلة على ذلك تفوق الحصر. لكن الذي أخطأه هؤلاء ولم ينتبهوا إليه هو أن تعديل الدستور، يخضع لمنطق التطور والتراكمات الإيجابية ومنطق التحديث والدمقرطة، وليس لمنطق النكوص والتراجع والميز، ومن تم وجب التأكيد على ما يلي:
ـ إن ما أقره دستور 2011 من مكتسبات كان هدفه تخفيض التوتر والاحتقان في الشارع المغربي، وتجديد شرعية الحكم، وبعث الثقة في النفوس في إمكان التغيير ولو تدريجيا وبشكل سلمي، ومن تم فمن يلهو بالعبث بمكتسبات القوى الديمقراطية يظهر مقدار استهتاره باستقرار ووحدة هذا البلد، من أجل الانتصار لحزازات إيديولوجية لا قيمة لها بتاتا.
ـ أن الأمازيغية ظلت على مدى خمسين سنة عرضة للتهميش والإقصاء من المؤسسات بذرائع وتبريرات شتى، تبين فيما بعد أنها لم تكن وجيهة ولا قائمة على أساس متين، مما أدى إلى تراجعها أمام القرارات الحازمة التي لم يكن منها بدّ لضمان الاستقرار والمضي قدما في طريق البناء الديمقراطي الصعب والشائك.
ـ أن سعي بعض المثقفين ـ الذين عزلوا أنفسهم عن دينامية التغيير والتحولات المتلاحقة ـ إلى الإبقاء على الأمازيغية تحت وصاية المنظومة الثقافية العربية نابع من عدم الإيمان بالتعددية الفعلية وبالحق في الاختلاف الثقافي، كما أنه نابع من الشعور بهشاشة وضعية الثقافة العربية رغم كل الإمكانيات التي حظيت بها منذ الاستقلال، وذلك بسبب ارتباطها ببنيات الاستبداد من جهة، وبالتراث الديني التقليدي الذي ما فتئ يشدّ اللغة والثقافة العربيتان معا إلى الوراء ويعرقل مسلسل تطويرهما وتحديثهما.
ـ أن اعتبار نهضة مكون من المكونات الوطنية تهديدا حتميا لمكونات أخرى، واعتبار كل عمل واشتغال على لغة أخرى غير العربية عداء لهذه الأخيرة وكيدا لها، هو أسلوب غريب في التفكير يتسم باللاوطنية وبانعدام المسؤولية، ولا يهدف إلى أكثر من شرعنة التهميش والإقصاء وتكريسهما.
ـ أن الاستمرار في الزعم التقليدي بأن النقاش في موضوع التعددية اللغوية والثقافية مدعاة للتناحر والصراع وتهديد الوحدة الوطنية هو أشبه بمن يسعى إلى استعمال بطارية مستهلكة حدّ النفاذ، كما يعبر عن أسلوب في التفكير لا تاريخي ولا واقعي، لأنه لا يراعي التراكمات والمكتسبات التي تحققت، والتي جعلت المغرب يتبوأ الصدارة في التدبير السلمي للتعدد الثقافي واللغوي، فهو البلد الوحيد اليوم في كل شمال إفريقيا والشرق الأوسط الذي يعترف بلغتين في الدستور، بينما ما زالت الدول الأخرى غارقة في الصراعات وأشكال التناحر بسبب النزعات الفاشية اللغوية والدينية والثقافية، والتي تعرقل وجود أي حوار وطني جاد ومسؤول.
ما زال أمامنا طريق طويل علينا أن نحتكم فيه إلى العقل والحوار والتواصل فيما بيننا، والاستماع إلى بعضنا البعض في إطار الاحترام المتبادل، وليس إلى الحجر والوصاية وسوء الظن بالناس.

juin 10, 2014 Posted by | Uncategorized | Laisser un commentaire

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