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Bayt Al Hikma orgnise une table ronde le 25 juin 2009 sous le thème :

Bayt Al Hikma organise une table ronde sous le thème la liberté animée Par Le Professeur Mohamed Doukkali

Peut-on de nos jours imaginer, entendre ou rencontrer quelqu’un qui se déclare clairement et en toute lucidité hostile à l’idée de liberté ? Ce thème, au contraire, semble jouir ou souffrir d’un « excédent » d’appréciation favorable, d’approbation, de bénédiction voire d’éloge et de publicité. C’est pourquoi parler de liberté peut aisément prendre l’allure d’un discours superfétatoire. Ce ne sont pas les raisons qui pourraient confirmer et soutenir cette tendance qui font défaut. D’abord parce que tout le monde se plait à en parler. C’est un discours, dira-t-on, fréquent, tellement fréquent qu’il peut être entendu comme un discours tout à fait ordinaire. Au point qu’il ne dérange guère et ne suscite ni provoque, ni étonnement, ni enthousiasme. Les diverses formes rhétoriques qui enveloppent ce thème laissent croire qu’il s’agit d’un « fait » banal, et même d’une réalité évidente. Et si les caractères de banalité ou d’évidence ne sont pas tout à fait appréciés, la rhétorique de la liberté suggère avec beaucoup de force que celle-ci est une « conquête » supposée définitivement accomplie et irréversible de la façon la plus sûre. Plus pudiquement la liberté se profile dans l’horizon des vivants de nos jours comme l’espérance la plus légitime et la plus chargée de motivations. Toutes ces raisons et tant d’autres font qu’il est peu avisé de parler une fois de plus, peut-être une fois de trop, d’un thème si bien pourvu en discours, en rhétorique. Cependant, ce qui risque de légitimer le désir d’en parler c’est le fait que très peu de thèmes et d’idées suscitent autant de doute, de phobie, de suspicion et de controverse. En plus de ceux qui n’y voient qu’une simple chimère qui ne résiste guère à la « sévérité du réel », ou une fabrique de noble ou de vulgaires illusions, en plus de tous ceux-là, il y en a qui considèrent le thème de la liberté avec beaucoup de gravité en le prenant pour la plus redoutable machine de la logique de puissance, qui ébranle impitoyablement le monde. Tandis que d’autres l’imaginent, pour mille et une raison, comme la plus pressante des urgences. Le thème de la liberté, un thème si chargé d’histoire, de désir, de volonté, de séduction ainsi que tous leurs contraires, qu’il finit presque toujours par perturber et troubler beaucoup plus qu’il ne rassure et réconforte. La liberté est un élan et un investissement qui font inexorablement appel à une forte dose de conviction et d’engagement. Sans cela, peut-on dire que le thème de la liberté ne serait qu’un oiseux souhait et un vain discours frappé de vanité. Mais il est constaté que la conviction, celle-ci comme une autre, supposée être le support le plus robuste de la liberté se métamorphose comme par enchantement contre ce qu’elle est sensée cautionner et promouvoir. Comment se fait-il que parfois les mêmes convictions qui procréent la liberté ou qui en découlent se transforment subitement en redoutables machines de guerre contre leurs propres espérances ? A quel « moment », si on pouvait le dire, l’idée de liberté fascine irrésistiblement, mobilise les énergies matérielles et spirituelles, motive les intentions et les entreprises les plus prometteuses, les plus nobles et les plus bénéfiques ? Peut-on imaginer, ou anticiper les « imperceptibles moments » ou cette magnifique idée se transforme pour devenir une terrible source d’inquiétude, de peur, et ne suscite plus que malaise, refus et abjection. Et voilà que surgit l’incontournable question : Et nous autres, quels types de rapport entretenons-nous avec l’idée de liberté ? Est-ce qu’elle nous fascine suffisamment, est-ce que nous la désirons vraiment au point de s’appliquer sérieusement et avec vigueur à vouloir en faire non seulement une simple rêverie, mais un fabuleux et enrichissant devenir ? Sommes-nous suffisamment dotés de conviction pour nous diriger décidément vers une éblouissante direction ? Sommes-nous si lucides et si sincères pour envisager le fait de nos convictions risquent à tout instant de ne pas faire « bon ménage » avec notre espérance ?

juin 24, 2009 - Posted by | Uncategorized

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