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La troisième voie de l’Islam par Mounir Bensalah

La troisième voie de l’Islam.

 

 

Nous souhaitons à travers cette analyse d’abord comprendre les dysfonctionnements liés aux sociétés musulmanes, relever les choix que prennent les uns et les autres et proposer une voie de dépassement de notre manière de concevoir l’évolution des choses. Je signifie par l’Islam dans ce texte la religion, les sociétés, l’héritage, les traditions, les nations, … liés à l’Islam comme étant en relation de cause à effet mutuelle.

 

 

L’Islam, opium de notre peuple ou ultime recours face à l’agression?

 

Il est à mon sens stérile et dépassé que de disserter sur cette problématique. La religion, toute religion qui soit, est une relation transcendante entre l’individu – créature avec la divinité – créatrice. Il est certes déplorable que l’on trouve un enroulement et un détournement à des fins profanes, matérielles ou politique d’une religion.

Depuis la chute du bloc Soviétique et que Huntington a formulé la théorie du choc des civilisation, le monde se concentre beaucoup plus sur l’Islam. Selon Huntington l’histoire des conflits humains dans le monde occidental a connu trois âges. D’abord quand les princes voulaient étendre leurs territoires (de 1648 à 1789). Puis quand les nations et les peuples ont voulus bâtir leurs empires (1789 à 1918). Enfin quand les idéologies se sont confrontées sur toute la surface du globe (1918 à 1989). Commence désormais l’âge des conflits de civilisations. La civilisation est le niveau concret le plus large auquel un individu s’identifie. Les projecteurs ont été braqué sur l’Islam ( religion, héritage, territoire, tradition, … ) depuis que les mouvements de l’Islam politique ont abdiqué à leur lien avec les centres de décision.

En effet, et analyse faite de toute mouvance islamiste contemporaine,  l’islamisme politique est né d’une volonté d’instrumentaliser la religion dans un combat contre les adversaires. Des moudjahidines afghans contre les russes, à Hamas contre Fath, en passant par les mouvements créés et soutenus par un Basri et semblables dans d’autres pays contre les démocrates et contre la gauche. Les liens ambigus ne sont plus à démontrer. La CIA n’a-t-elle pas entraîné et soutenu un Ben Laden ? les Israéliens n’ont pas aidé à créer et soutenu par la suite le Hamas ? Basri et son système n’ont-t-ils pas inondé les campus universitaires des années 70 et 80 de barbus ? …

Nous n’allons pas nous concentrer sur ce sujet que beaucoup de spécialistes traitent avec brio. Mais en parallèle, nous poserons les questions suivantes : Pourquoi le conservatisme gagne du terrain en terre d’Islam ? Comment expliquer ce choc, il existe par ailleurs et l’on ne peut le nier, entre occident et Islam ? Comment perçoit le jeune d’aujourd’hui la relation entre l’Islam et sa vie quotidienne ?

Pour essayer de comprendre ces phénomènes, il est utile de revenir sur certaines conditions qui favorisent l’expansion du conservatisme islamique en général :

 

  • La politique internationale : Lorsque les USA ont envahi l’Irak, le motif invoqué était la possession de ce pays, pourtant leur ami jadis, des armes de destructions massives. 5 ans après cette horrible invasion, où des milliers de civils ont trouvé la mort, des millions de déplacés, … les USA sont incapables de prouver la présence de ces armes et ils avouent avec mépris que le rapport selon lequel la guerre a été déclenché pourrait être faux ! En même temps, une Corée du nord persiste et signe à dire qu’elle dispose des armes nucléaires, tous les rapports de spécialistes et des services d’intelligence le confirment, mais les USA ne bougent pas !
  • La Palestine : Il est un point focal qui fait que le monde musulman se sent humilié, frustré et visé. Comment peut-on nier que nos coreligionnaires souffrent depuis 60 ans d’une occupation inhumaine d’un « Etat » basé sur une doctrine de haine, le sionisme. Le summum de l’injustice, c’est de voir la réaction humiliante de l’occident approuvant le désir de faire disparaître la Palestine, peuple, Etat, culture et dossier.
  • L’exclusion sociale en occident : depuis la 1ère guerre du Golf, un dialogue de sourds s’est installé entre occidentaux « de souche » et musulmans installés en occidents. Un rejet mutuel qui s’accentue dans cette relation stérile d’exclusion mutuelle. Le repli identitaire est une réaction de refoulement de l’autre.
  • Le sous développement : Concours de facteurs internes et externes, issus tous de décolonisation, les pays musulmans, et malgré les richesses dont ils disposent, vivent dans le sous-développement, la précarité sociale, … face aux problèmes de chômage, de précarité, d’inefficacité de l’enseignement, … les jeunes trouvent refuge dans le spirituel, que les décideurs ont encouragé par ailleurs comme calmant, même instrumentalisé.
  • Mondialisation et globalisation de la haine : le monde en petit village, le fantasme d’autrefois, nous le vivons. Les images des chaînes d’infos, les guerres exhibées chez soi, internet, … font que le récepteur devienne plus réceptif aux valeurs enveloppées d’endoctrinement qu’on croit une manière de nous prémunir contre l’autre.

 

« L’habit dit islamique est aujourd’hui l’un des aspects les plus marquants de la présence du religieux sur la scène publique. Son actualité est intimement liée à la naissance et au développement des mouvements islamistes. Ceux-ci font de l’habit un des aspects de l’identité du musulman. … Le port de la barbe par l’homme et le voile par la femme sont les principaux éléments du look islamique, propagé avec le développement des idéologies islamistes dans le sociétés dont la religion est l’islam ou dans un pays ayant une présence musulmane. Le port du voile par les femmes, la barbes et le qamîs (robe) par les hommes, sont devenus des signes distinctifs, voire d’identification des musulmans dans les sociétés occidentales ».(1)

 

Les obscurantistes et autres conservateurs nous présentent la religion comme une vielle jarre qui contient tout. Tout ce qui peut nous arriver, sans penser, nous devons, selon eux, chercher au fond de la jarre pour y trouver la réponse. Ils veulent manipuler la raison, la foi, pour des fins politiques profanes, sinon pour autres choses avec l’assistance du petroislam. Ils veulent nous faire croire que pour jeûner, il faut brûler la nourriture pour ne pas être tenté et ils oublient que l’essence du jeûne est essentiellement de voir la nourriture, d’être tenté et de se surseoir à la tentation. Ils nous renvoient vers des périodes qu’ils imaginent « propres », comme si l’instinct n’a pas été créé avec Adam et Eve.

 

Les politiques, surtout de gauche, n’ont jamais cessé de dénoncer cette instrumentalisation de la foi, de la religion dans le jeu politique :

 

  • « Les deux programmes électoraux des années 1977 et 2007 [de l’USFP] ont souligné dans leurs introductions sur l’importance de l’identité religieuse du Maroc comme bases et constantes … et malgré ce départ unioniste envers la position de principe de la religion, … [le programme de 2007] a souligné l’importance de la commanderie des croyants, la nécessité de la réforme du champ religieux, le maintien du rite malékite et le refus de l’introduction de la religion dans la compétition partisane ».(2)
  • « La position du parti [PPS] de la religion est claire, nous sommes, à l’instar de tout le peuple, fidèles à la religion, et en même temps nous disons que la religion est pour Dieu, la patrie est pour tous » déclare Ismail Alaoui, SG du PPS.(2)
  • « Le programme de l’alliance PADS-CNI-PSU appelle à la diffusion des valeurs de la raison, des lumières, du droit à la différence, en tant qu’acquis à la marche civilisationnelle humaine, et au développement de l’esprit de tolérance religieux … ».(2)

 

Mais en vain. Selon une enquête académique récente (1), avec d’éminents sociologues, 92% des sondés de plus de 60ans et 84% des 18 à 24 ans estiment que l’Islam est une « solution au politique » ! Ironie du sort, le mot sécularisation n’aucun équivalent dans la langue arabe, il est souvent traduit à tort pour laïcité ( A’ilmanya ).

 

L’occidentalisation de l’élite, un mauvais chemin ?

 

Nous commençons cette seconde partie de ce texte en relayant les liens économiques qui font que l’Occident a et continue à exercer un pouvoir ( selon Ibn Khaldoun, le pouvoir est la capacité d’imposer un système de valeur ), d’abord économique, ensuite culturel sur les pays du tiers monde et, entre autres, les pays musulmans dont le Maroc.

Citons ici un texte intitulé : « L’Assistance étrangère face au Développement
économique du Maroc », qui date de plus 40 ans, avec lequel Oualalou, membre du bureau politique de l’USFP et ancien ministre de l’Economie au Maroc, a soutenu sa thèse de doctorat. L’introduction de cette thèse a été rédigée par Feu Abderrahim Bouabid, père des uspéistes, sinon de la gauche marocaine entière. Il écrit : « L’association du Maroc au Marché Commun ne fera pas affluer les capitaux privés européens en dépit des avantages et des garanties prévus par le code des investissements … Si l’accroissement de la production suppose des investissements, il suppose également d’autres  facteurs, dont la formation qualifiée des cadres. Celle-ci requiert un effort tout aussi important  que le facteur capital … Nous ne pouvons pas croire à la fatalité de notre misère… Ce sont les hommes qui déterminent le sens des quasi-mécaniques  économiques … Une politique qui maintient le niveau de l’aide extérieure publique en capital, telle qu’elle  a été réalisée en 1964-1965, conduira le Maroc en 1985 à rembourser en intérêts et  amortissements plus qu’il ne reçoit en capitaux  frais … » Notons que cette thèse est soutenue en 1968, ce qui prouve une clairvoyance aiguë de si Abderrahim vis-à-vis d’un problème de dépendance économique structurelle du Maroc à ces donateurs, principalement occidentaux.

 

Dans la même logique d’idée, Mehdi Elmandjra, soutient la même idée : « La colonisation économique est la base même du néo-colonialisme lequel facilite une domination discrète dans beaucoup d’autres domaines. Il y a, finalement, la libération culturelle qui est la plus difficile et la plus longue – un minimum de deux générations sinon trois (entre 50 et 75 ans
environ). C’est à travers les systèmes éducatifs que l’on décolonise sa culture et que l’on récupère ses valeurs mais la réforme des systèmes d’éducation est un processus à long
terme. »(3)

 

De cette dominance occidentale sur le plan économique et politique, l’emprise culturelle a touché notre élite. Cette dernière, en s’identifiant à cet occident sans pour autant en avoir la base historique ou vécu la mouvance sociétale ayant produit le modèle occidental est confrontée à une question existentielle : Le modernisme, passe-t-il inéluctablement par le modèle occidental ? Justement dans la même foulée, notre élite engagée dans ce qu’on convient d’appeler « dialogue des civilisation » devient dès lors dans la posture : se défendre, prouver sa bonne fois, … Edmond Elmaleh avance cet argument de taille : « la tolérance : une justification bidon » (4). Pour lui, dire qu’on s’accepte revient à justifier notre existence conjointe et qui ne date pas d’aujourd’hui ( en parlant de juifs et musulmans du Maroc, assertion que l’on peut extrapoler pour d’autres oppositions thématiques ).

Cette occidentalisation accrue de notre élite, pas nécessairement et exclusivement dans sa manière de mener sa vie, dans son pays d’origine ou à l’occident, mais sûrement dans sa manière de concevoir le progrès de son pays, a créé une rupture profonde entre l’élite occidentalisée et la masse populaire restée ancrée dans ses traditions et croyances populaires. La Turquie est un cas d’école dans ce sens. Nilüfer GÖLE  révèle que : « L’existence d’un divorce politique et culturel entre une élite occidentalisée et un peuple resté très attaché à la religion a été la caractéristique la plus saillante de la vie politique des pays musulmans. De plus, la laïcité, condition sine qua non d’un pouvoir politique moderne, a accru cette fracture. Dans les pays musulmans qui ont connu une forte volonté politique de modernisation (Turquie, Iran…), on observe une contradiction intrinsèque entre laïcité et démocratie. Le principe de laïcité a primé rapidement sur le principe démocratique de souveraineté populaire et lorsque s’est produite une transition démocratique, elle a souvent été interrompue, car la participation des partis islamistes aux élections a été considérée par les élites, tant locales qu’occidentales, comme une stratégie déguisée de conquête du pouvoir à des fins théocratiques. » (5)

La troisième voie de l’Islam.

 

«Voila exactement le fonds du problème, … depuis des années on ne nous parlait que d’une seule pensée unique , celle des anciens foukahas, laquelle pensée ne faisait que répéter les futilités de ceux qui ont fermé bab el ijtihad, … mais nous, nous pouvons quand même continuer a discuter, non nécessairement pour donner des réponses mais surtout pour soulever des questions a propos de ce qui est jugé par certains comme des vérités indiscutables… » disait Hamid Bajjou (6).

 

Entre ce conservatisme rampant dans nos sociétés musulmanes ( pour ne pas dire aussi une radicalisation de la pensée )  et l’occidentalisation forcée de notre élite et sa démission des débats de société par le simple import de modèles, une troisième voie est aujourd’hui possible : La voie de la raison. Mais pour tracer cette troisième voie, l’Islam a besoin de porte drapeau, de leaders capables de faire émerger au sein de la société une nouvelle manière de penser sa foi. Notre élite n’est pas malheureusement mobilisatrice dans le sens de porter la société vers la différence : « [Malek Chebel] déplore que Chirine Ebadi, avocate des droits de l’homme en Iran, prix Nobel de la paix en 2003, se dévoile dès qu’elle quitte son pays et le remet quand elle y revient. Ne peut-elle servir de porte-drapeau ?  » Le voile, dit-il, est d’un usage toujours politique. Le voile dépossède la femme de son image. Qu’elle se libère de ses voiles. » (7)

 

Aljabri, éminent penseur et philosophe marocain explique sa manière d’analyser les textes religieux comme suit : « Notre discours ici, ne sera pas un discours de la propagande, ni un discours contre à une quelconque propagande. C’est un discours qui se veut l’expression de la vérité comme elle nous paraît à travers une position neutre et objective vis-à-vis des faits, et un traitement critique des sources. »(8). Averroès l’a expliqué autrement, plusieurs siècle avant :« …et si la révélation recommande bien aux hommes de réfléchir sur les étants et les y encourage, alors il est évident que l’activité désignée sous ce nom [de philosophie] est, en vertu de la Loi révélée, soit obligatoire, soit recommandée ».(9)

 

Dans cette troisième voie, il est aussi important de revoir notre relation avec l’autre. L’autre qui a une conviction, des traditions, … différentes des nôtres. Dans cette relation qui devrait être basée sur le respect mutuel, sur la dénonciation du blasphème. Il ne faut pas avoir de complexes. Personnellement, oui je considère comme blasphème les caricature du prophète Mohammed sur le journal danois, mais je m’indigne face à la réaction irraisonnable de la masse musulmane. En quoi, un maudit dessin pourrait ébranler notre foi ? Dans la même foulée, en quoi le fait que Cousteau ou autres ( avec mes respects pour les personnes ) se soit converti à l’Islam, m’intéresserait ? ce sont ce genre de clichés, d’idées reçues, qu’il faut qu’on abolisse.

 

Il est aussi important pour nous de faire répandre au sein de la population des valeurs universelles qui soudent l’humanité, telles que l’amour : « Il est vrai que d’Ibn Hazm à Freud, tout le monde est d’accord : l’amour est inexplicable, indicible, insaisissable par le verbe, ineffable. »(10), le bonheur : « … nous, Musulmans, sommes convaincus que cette divine Révélation qui est la nôtre est la vérité, et que c’est elle qui éveille et appelle à ce bonheur qu’est la connaissance de Dieu … » (9), la vie : « la nouvelle école marocaine travaille à devenir pleine de vie… »(11) … des valeurs qui transcendent toute incompréhension et qui met l’individu au centre de toutes les préoccupations. En parallèle, l’autre doit aussi faire des efforts. L’occident doit en particulier abdiquer à sa posture de donneur de leçon !

 

 

 

 

La sécularisation de nos systèmes sociétaux ne signifient pas une incitation à l’abolition de la religion. Il est un choix sociétal basé sur le respect de la différence au niveau des convictions et sur la non interférence entre le domaine profane et le domaine de la foi.

 

Par Mounir BENSALAH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Références bibliographiques :

 

1-     L’islam au quotidien, enquêtes sur les valeurs et les pratiques religieuses au Maroc, Mohammed El Ayadi – Hassan Rachik – Mohamed Tozy, Editions Prologues 2007.

2-     La gauche et la religion, jusqu’à où ?, Ismail Idrissi, journal Madarik n°15 du 28 Février 08 ( traduction de l’auteur de cet article ).

3-     Mahdi Elmandjra, La Décolonisation Culturelle, défi majeur du 21ème siècle, Editions Walili 2006.

4-     E.A Elmaleh à l’émission Macharif sur la TVM.

5-     Laïcité, modernisme et islamisme en Turquie, Nilüfer GÖLE, 14 Mai 2006, http://cemoti.revues.org/document1691.html

6-     Forum USFP : http://www.usfp.ma/dialogues/read.php?f=1&i=21464&t=21464

7-     Malek Chebel, l’Humanité : http://www.humanite.fr/2004-01-24_Medias_-Amis-de-l-Humanite-Malek-Chebel-Le-voile-est-une-regression

8-     Mohamed Abid Aljabri, Alayam n°254 du 11/11/2006 ( concernant son livre : Madkhal ila Alkour’ane Alkarim ). ( traduction de l’auteur de cet article )

9-     Discours décisif, Averroès – traduction de Marc Geoffroy, Editions GF Flammarion 2006.

10- L’amour dans les pays musulmans, Fatéma Mernissi, Edition Fennec 2007.

11- Charte national de l’éducation et la formation, COSEF 2000.

septembre 9, 2009 - Posted by | Uncategorized

Un commentaire »

  1. […] musulmane sur une greffe non consentie de modernité « occidentale » depuis les colonisations, le rejet d’une occidentalisation détachante de ses élites, dites progressistes, l’ouvrage présent, quand à lui, se focalisent sur les caractéristiques […]

    Ping par Printemps islamiste ou « les islamistes au défi du pouvoir » « Des maux à dire | mars 5, 2012 | Répondre


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