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Compte rendu : UNIVERSITE DE BAYT AL HIKMA « L’ACTE DE GOUVERNER » le 2 novembre 2013 Bayt Al Hikma a tenu sa deuxième université samedi 2 novembre 2013 à la bibliothèque nationale en présence d’une centaine de participants. Cette université avait pour objectif de définir l’acte de « gouverner » aujourd’hui ?, et comment peut-on concevoir la gouvernance à la lumière des grandes mutations que connaît le monde actuellement, et surtout en rapport aves les exigences de la démocratisation et des modes de gouvernements ?. Certes, comme de nombreuses notions des sciences politiques, la notion de « gouvernance » connaît une extension considérable qui tient sans doute à sa capacité d’envahir des terrains généralement différents ou même opposés (secteur public-secteur privé-organisations politiques-collectivités-gouvernement…etc). Généralement, si la notion ambitionne de rendre compte des systèmes de gestion, et des modes de gouvernement et de régulation, locale, régionale, nationale, et même planétaire, l’appellation « bonne gouvernance » répond à plusieurs ambitions : -Descriptive : pour rendre compte des transformations réelles des modes de gouvernement. -Analytique : en proposant des grilles et des paramètres d’évaluation.. -Normative : en imposant des normes et des conditions de gestion. La plate-forme de l’université souligne que « gouverner » n’indique plus l’acte politique qui consiste à « distribuer des places, et à définir des fonctions de légitimation du pouvoir » mais un acte qui désigne un processus au cœur des politiques de développement, mais également la manière dont celles-ci sont élaborées et mises en œuvre, avec la participation d’une grande diversité d’acteurs (État, populations, secteur privé, etc.), à tous les niveaux de territoires (du local au global). Au delà de la question des institutions ou des formes de gouvernement, elle intègre l’ensemble des mécanismes de coordination sociale qui participent à l’action politique. Il s’agit donc d’aider une société à repenser son propre mode d’action collective afin de mettre en place les modalités de réponse les plus adaptées aux défis auxquels elle doit faire face, et d’intégrer les principes de gouvernance dans les politiques sectorielles, d’assurer une participation effective des populations à la définition et à la mise en œuvre des politiques. Le souci, à travers l’organisation de cette université, est d’approfondir la réflexion sur ces différentes questions, et de s’interroger sur les rapports entre la gouvernance et les rythmes de démocratisation dans les pays en voie de développement, ou en transition démocratique. Au fait si les paradigmes d’une « bonne gouvernance », tels qu’ils sont définis, imposent des normes en matière de démocratie, et du respect des droits de l’homme, aux cotés d’une saine et transparente gestion des affaires publiques, l’on se demande quels effets de telles exigences produisent-elles sur les régimes politiques de ces pays, et si cela débouche sur davantage de démocratie ou de bureaucratie ? En ouverture, Fettah Bennani, président de Bayt Al Hikma définit l’objectif de cette université, notamment en précisant le contexte historique de cette manifestation : Ne gouvernant pas « des peuples de dieux », pour emprunter l’expression utilisée par Jean-Jacques Rousseau dans son fameux « Contrat social », tout régime démocratique est voué à une quête perpétuelle de perfectionnement. Ceci est d’autant plus vrai dans le monde moderne dans lequel nous vivons; un monde qui évolue et change à grande vitesse et qui nous invite constamment à reconsidérer nos méthodes, nos leviers d’action et nos aspirations individuelles et collectives. En somme, un monde dans lequel la gouvernance efficiente n’a jamais été aussi nécessaire. ​Mais qu’est-ce que bien gouverner ? Est-ce rendre les citoyens heureux ou libres ? Est-ce un art ou une science ? La réponse à ces questions a évolué au cours des derniers siècles. Dans la Cité athénienne, le berceau de la polis (politique), la gouvernance était perçue comme l’accomplissement de la nature humaine, et donc l’affaire de tous les citoyens, tous animaux politiques. Après le siècle des Lumières, dans les démocraties modernes naissantes, la gouvernance avait pour fonction de gérer la pluralité qui conditionne l’humanité et d’harmoniser les différents intérêts individuels et partisans. La gouvernance constituait alors le pont entre le citoyen et sa société. ​La sécularisation des Etats-nations modernes s’est accomplie en parallèle avec la sécularisation du bonheur que les citoyens attendent désormais ici et maintenant, et non seulement dans l’au-delà. Si la liberté des Anciens était une liberté de « participation » à la vie publique, la liberté des Modernes est une liberté individuelle qui, comme le dit si bien Emmanuel Kant, ne permettra plus au gouvernant populiste de s’immiscer dans la vie privée des citoyens en leur imposant sa conception du bonheur; le gouvernant populiste sera ainsi constamment renvoyé sur la scène « publique » (et non privée) qu’il est sensé gérer, et gérer avec efficacité. ​C’est ainsi que la notion de gouvernance, dite « bonne » ou « démocratique », n’est plus un simple synonyme de « gouvernement » comme elle a pu l’être avant les années 90; c’est une notion plus complexe et plus riche de nos jours. Le FMI et la Banque Mondiale la définissent naturellement sous l’angle de la gestion saine et transparente des finances et des politiques publiques; le PNUD, quant à lui, la mesure à l’aune du développement social et économique qu’elle génère; le Conseil de sécurité de l’ONU la voit sous l’angle du contrat social et du maintien de la paix (car oui, ce sont également des composantes déterminantes préalables à toute gouvernance efficiente). En somme, la notion de bonne gouvernance englobe deux logiques aussi essentielles l’une que l’autre : La première, institutionnelle, est celle de l’Etat de droit, des droits humains, des libertés individuelles, du respect de la diversité culturelle, de la citoyenneté, de la lutte contre la corruption, etc. La seconde, celle de l’efficacité, de l’efficience, et donc de la performance. Et qui dit performance, dit réactivité face aux attentes légitimes des citoyens, croissance économique, modernisation de l’administration et simplification des procédures; et donc : capacité d’anticiper et ouverture à l’innovation et au changement indissociables de toute quête véritable du Progrès. Et, faisant allusion à la bonne gouvernance au Maroc , il déclare : ​Au Maroc, si l’on doit se féliciter de la constitutionnalisation en 2011 des principes de bonne gouvernance (responsabilité et reddition des comptes, indépendance de la justice, Etat de droit, séparation des pouvoirs, diversité culturelle, droits humains indivisibles, régionalisation avancée et accentuation du rôle des collectivités territoriales, etc.), force est de constater que ce chantier, même s’il peine indéniablement à démarrer, a été initié il y a bien des années. 1. Le rôle central des collectivités territoriales et des élus locaux Déjà, dans un discours royal datant de 2006 (12 décembre), Sa Majesté appelait de ses voeux la concrétisation d’un modèle marocain de bonne gouvernance, inconcevable sans sa transposition à l’échelon national ET local : « Notre ambition est grande, disait le Souverain, de faire en sorte que les villes et les collectivités locales, au même titre que l’État, le secteur privé et la société civile, deviennent de véritables partenaires dans le processus de développement global de notre pays, ainsi qu’une force de proposition pour la mise en œuvre des différentes stratégies nationales. La bonne gouvernance est devenue un outil majeur pour la gestion des grandes villes. Nos cités doivent, donc, s’orienter vers un système permettant d’ouvrir la voie à des initiatives fondées sur une approche contractuelle et participative associant l’État et les villes, et favorisant l’adhésion des divers acteurs politiques, économiques et sociaux, ainsi que la participation des citoyens aux différentes phases d’exécution des programmes locaux. » ​ ​Ce discours royal est d’une actualité criante, comme en témoigne d’ailleurs le dernier discours royal devant les parlementaires et qui a abordé l’épineuse question de la gouvernance de la capitale économique du Royaume. En réalité, les deux discours pointent du doigt l’un des défis majeurs liés à la bonne gouvernance au Maroc : la difficulté de son implantation locale, au niveau des collectivités territoriales élues, à l’heure où il est crucial pour notre pays de réinventer un service public de proximité pour redonner aux citoyens confiance en leur administration et en la politique en général. La figure de « l’élu local » peut théoriquement et doit aider à déconstruire l’image distante et élitiste du pouvoir centralisé, pour préparer la régionalisation et pour nous rapprocher de l’idéal démocratique de participation du peuple à la prise de décision au niveau local. Ainsi, il ne serait guère étonnant que le renforcement de la bonne gouvernance se ressente d’abord à l’échelle locale et régionale, avant l’échelle nationale. 2. Les freins à la bonne gouvernance ​Il existe une incompatibilité évidente et indéniable entre la quête de la bonne gouvernance et la montée de la tendance populiste qui se nourrit de l’ascenseur émotionnel des promesses utopiques vaines et qui sont au final bien souvent, source d’exacerbation des frustrations et des déceptions collectives, contribuant par-là à l’accentuation du désenchantement dont souffre le politique en temps de crise et à la mise en danger de la stabilité et de la continuité des réformes engagées. ​De même, les notions de responsabilité et de reddition de comptes sont essentiels à toute gouvernance efficiente. Mais afin de pouvoir rendre des comptes aux citoyens, les politiques qui exercent des mandats locaux ou nationaux doivent aussi assumer pleinement leur responsabilité entière, sans chercher à fuir en avant ou blâmer des tiers en cas d’échec, en ne s’appropriant que les retombées positives de leur mode de gouvernance. ​Par ailleurs, il est crucial que la bonne gouvernance ne se limite pas à celles et ceux qui détiennent le pouvoir ou un mandat; elle doit être élargie et participative : elle doit ramener dans la société les gens qui en sont injustement exclus, notamment les personnes analphabètes ou en grande précarité. La bonne gouvernance est inconcevable sans l’association paritaire et durable du composant féminin dans le processus de prise de décision au niveau local et national. La bonne gouvernance passe aussi par l’écoute et l’association de la société civile dans l’élaboration des politiques publiques et dans leur évaluation, en opérant une médiation entre les intérêts partisans pour arriver à un consensus qui n’occulte en rien la protection des droits des minorités. ​La création même du terme de « gouvernance », c’est-à-dire le fait que les décisions politiques dépendent d’une série d’acteurs différents, économiques, politiques, scientifiques ou civils, montre que les hommes politiques gouvernent de moins en moins d’une main de fer et négocient de plus en plus. Ainsi, face à un nouveau mode de gouvernance où « tout le monde décide un peu », comme disait à juste titre d’ailleurs Marcel Gauchet, c’est aux (bons) gouvernants de redonner de la cohérence finale à des actions qu’ils entreprennent ou à des stratégies au sein desquelles ils s’inscrivent. ​Enfin, pour le perfectionner, tout mode de gouvernance doit pouvoir être évalué; et pour ce faire, il est nécessaire de disposer d’indicateurs nationaux et locaux pérennisés et fiables, qualitatifs et quantitatifs, en complément des indicateurs des différents organismes internationaux (Banque Mondiale, FMI, PNUD, etc.). 3. La bonne gouvernance est indissociable de l’absolue nécessité d’efficacité ​La légitimité des gouvernants doit essentiellement découler de leur savoir et de leur capacité de gestion. Désormais, gouverner, ce n’est plus seulement discourir, donner des orientations générales ou, comme le disait Pierre-Mendès France, « choisir »; gouverner de nos jours, c’est surtout savoir et gérer avec efficacité la vie de la Cité et de la nation. L’homme politique qui aspire à la gouvernance ne peut plus se satisfaire de ses « valeurs » aussi nobles que celles-ci puissent être, il doit être prêt à assumer les responsabilités et honorer les voix des citoyens; et pour ce faire, il doit comprendre les véritables enjeux qui se présentent et avoir des capacités de leadership et d’écoute. Le désenchantement du politique et la montée des votes populistes ne doivent pas cacher la forte demande de politique dans la société. La plupart des citoyens attendent que le gouvernement apporte des solutions aux grands problèmes économiques et sociaux; que les élus locaux améliorent l’attractivité de leur ville, animent leurs quartiers et mettent en place les conditions du vivre-ensemble; en un mot, les citoyens attendent de leurs élus de l’efficacité, des résultats concrets, palpables et probants à l’aune desquels ils évalueront leur mandat; ceux-là même que Sa Majesté ne cesse d’appeler de ses voeux. Prenant la parole à la suite, Madame Salma Semmami, tout en remerciant l’assistance et soulignant les bonnes relations entre La fondation qu’elle représente et Bayt Al Hikma, elle fait une présentation de la fondation Friedrich Ebert, et ses activités au Maroc. Lors des interventions on a souligné que le thème de l’université est un sujet d’actualité. C’est un thème de citoyenneté qui doit être vulgarisé. Certes, c’est un acte majeur qui doit nous enseigner comment rétablir les valeurs, et comment retrouver la raison. GOUVERNER :Acte de responsabilité et de modernité Les sociétés aujourd’hui sont traversées par un mouvement accéléré de changement. Tout change aujourd’hui : les dogmes, les idéologies, les cultures, la religion, l’histoire, les principes de la certitude. Tout est basculé par des phénomènes contigents.Par conséquent, sommes-nous appelés à changer. Néanmoins, la question fondamentale qui se pose : comment doit-on changer ?. Il s’agit au fait de changer notre manière de penser, de réfléchir, de raisonner, de programmer, de qualifier, de communiquer, de travailler, d’écouter, d’évaluer…C’est tout un programme de rénovation total, profond qui doit toucher les mécanismes de gestion, et les relations politiques entre l’Etat et la société. Nous sommes face à un projet, et de là vient le concept de gouvernance qui veut dire rendre à la responsabilité sa valeur intrinsèque. Par ailleurs, l’on peut affirmer que la gouvernance est un tremplin vers la modernité. Mais, comment faire pour affronter les grands défis alors que nous avons des problèmes énormes avec la modernité ?, comment dépasser les méthodes de gestions archaïques ?, comment construire une société démocratique, une société ouverte sur elle- même, et comment construire l’avenir ?.Un philosophe français dit « l’avenir ne se prévoit pas, il se construit. ».Donc, nous sommes face à un mouvement de pensée. La gouvernance économique, politique, urbaine, territoriale…se rapportent aux questions de développement en matière des taches et d’efficacité, mais aussi en matière d’interaction et de complémentarité. L’économie est liée à la politique, le culturel au religieux, le local au régional, la national au global…alors comment installer une nouvelle rationalité politique ?. Dans le contexte national, la constitution de 2011, pour la première fois de l’histoire constitutionnelle du pays, lance les prémisses d’un type de rationalité en partageant les pouvoirs, en reconnaissant les zones de responsabilité, en faisant appel à la démocratie participative et partenariale. C’est la rationalité accompagnée de la notion de résponsabilité.La gouvernance, constate- t- on est enfin constitutionalisée. Nous sommes interpellés donc par la constitution, et par l’histoire pour un nouveau projet de société et de développement. GOUVERNER c’est chasser la discorde L’approche de la thématique en question s’est ouverte sur les champs philosophiques.IL est question de penser l’acte de gouverner comme mécanisme qui permettrait de lutter contre la discorde. Au fait, quand la discorde s’installe, il est très difficile de s’en sortir. Si l’on pourrait considérer le désaccord comme enrichissement de la condition humaine, la dispute, elle, a la force diabolique de nous plonger dans la discorde. Et s’il ya un mécanisme qui favorise ou qui fortifie l’exercice démocratique c’est bien la compréhension et la maitrise de ces passages : le passage du désaccord à la dispute, puis à la discorde. Alors toute politique intelligente, celle qui gouverne la politique, c’est celle qui fait face à ce mécanisme constant parce que la force géniale de la politique réside dans sa capacité d’aller dans le sens opposé. La praxis marxiste veut dire agir quand les conditions sont défavorables. C’est dans ce genre de contexte que le génie politique surgisse pour contrer les conditions porteuses de désaccords susceptibles de nous plonger dans la discorde. Si on veut alors que les gens se trouvent dans les cités et jouissent de leur vie, et si on veut rétablir l’ordre qui réside dans le bonheur des peuples, il faut gouverner ce processus dépressif bonne politique est celle qui permet à chacun de jouir d’un plaisir de vie sans crainte. Comment gouverner : Droit, justice, équité Luc ferry dans un livre collectif « Gouverner métier impossible » éditions elema Paris 2007 pense que le fait de gouverner est une chose étatique, ou si l’on veut une question qui revient à l’état. Que gouverne-t-on en fait, est-ce plutôt une affaire de gouvernement ? Est-ce seulement le budget, est- ce seulement les finances, ou est-ce l’ensemble des techniques de gestion des choses publiques ? Concernant la question qui gouverne, il paraît bien évident que l’état à l’ère de la mondialisation, est de plus en plus en difficulté, puisque on est devant des institutions supra-nationales, telle l’organistion mondiale de la santé et ainsi de suite. L’état nation est en net recul, le pouvoir de décision est rétrécit. Parfois l’état est sous le joug des organismes internationes des finances. Maintenant on a tendance à confondre deux choses tout à fait différentes : la politique et la technicité. Gouverner ne se réduit pas à une procédure technicienne, mais pluôt est un acte politique. Tout n’est pas réductible à la logique des marchés, ni à l’automatisation de l’information. Tout n’est pas réductible au simple fait de la performance. Etant confrontés à ce dilemme, l’état n’est pas seulement un appareil, un appartus, mais il est plutôt une entité de valeurs, l’acte de gouverner fait que la politique aie un sens. Le débat d’idées est très important en politique, et surtout la délibération. L’acte de gouverner, est à la fois délibération et décision. L’Etat, la société civile contribuent à faire en sorte que la gouvernance est avant tout politique, loin d’effets médiatiques, qui absorbent la politique. L’Etat n’est pas un état-audimat, l’espace publique n’est pas engloutie dans les moyens de communication moderne. Gouverner n’est pas être entourés de conseillers presse, ce n’est pas d’être surmédiatisé, mais présuppose d’être loin du bavardage. Pour mieux comprendre l’importance de l’acte de gouverner, Luc Ferry fait appel à la politique, bien loin de la simple technécité. On est, s’agissant de l’acte de gouverner, devant un acte politique. Gouverner : métier impossible Freud disait « Gouverner, éduquer, psychanalyser : Trois métiers impossibles ». Michel Rocard fait la comparaison entre ses trois métiers, et il avoue que le plus difficile d’entre eux, le métier de gouverner si l’on le considère comme un métier. En politique il y a le rapport : gouvernants/ gouvernés. Mais dans cette relation il y a souvent une dimension irrationnelle. Comment gouverner en Démocratie. La bonne gouvernance est situé loin des régimes autoritaires d’où le mot autoritarisme. « En politique, il n’est jamais de bonne solution ; on ne peut que choisir la moins mauvaise » Il y a des contraintes dans la manière de gouverner, et la méconnaissance des ses contraintes rend le métier de gouverner très difficile. Rocard les appelle antagonismes : 1- gouverner c’est gérer l’autorité léguée par le citoyen 2- gagner la sympathie des électeurs ne veut pas dire être mou dans ses décisions. 3- le métier du gouvernant est à part, et il ne semble en rien à celui d’autres métiers : l’objet de son métier non pas une seule, mais la société tout entière. 4- entre la victoire et le compromis il ya un antagonisme. Le langage de la politique est un langage guerrier, où il existe plein de métaphores de guerre, de lancer des assauts l’ennemi. Pourquoi importe peu la question « qui gouverne ? » Que ce soit l’Etat qui gouverne ou la société civile, le plus important est le côté procédural dans la manière de gouverner qui met le pouvoir en partage. L’acte de gouverner est en quelque sorte un acte politique. Et qui dit partager la pouvoir ne veut plus mettre en avant une lutte pour le pouvoir. Le partage signifie concertation, participation etc … On ne peut gouverner seul, mais seulement avec, en compagnie de, en collaboration avec, faire en rapport avec autrui. C’est d’abords un gouvernement de soi, puis un gouvernement des autres. Le premier aspect de l’acte de gouverner c’est le partage, la concertation en matière de pouvoir. C’est faire du pouvoir une chose publique, une manière d’établir une entente, bien que les risques de la mésentente sont là, sont réels et présents. Dans ce domaine il est très utile de s’instruire auprès de la théorie de l’agir communicationnel de Habermas. C’est en partageant l’acte de gouverner entre ceux qui gouverne, et ceux qui sont gouvernés, c’est en mettant la politique en partage qu’on arrive à faire du vivre ensemble notre dénominateur commun. Gérer n’est pas gouverner, parce que le gouvernement est plus q’un management, c’est à dire un acte purement technique une finance, un financement. Dans l’acte de gouverner on ne peut faire l’économie ou l’abstraction de l’humain. L’humain est bien plus qu’une question managérial, c’est un capital, il faut capitaliser l’humain, investir dans l’humain. Donc on ne peut pas gérer l’humain mais plutôt gouverner l’humain. Gonverner l’humain c’est faire de la gouvernabilité de soi et d’Autrui le pillier de la manière de gouverner et Miche Foucault peut nous être d’un grand secours ici. Gouverner c’est exercer le pouvoir d’une manière concerté, d’une façon communicationnel comme le stipule l’agir communicationnel chez Habermas. Mettre le pouvoir en partage en prenant des décisions qui vont changer le destin des hommes, mais essayer à en faire les leurs. Mais il n’existe aucun acte de gouverner sans se rendre présent à l’esprit, qu’un tel acte peut changer les gouvernants et les décideurs en retour. Pour protéger le pouvoir de la domination, parce que pouvoir ne veut absolument pas dire domination puisque la domination est elle même manière d’usurper le pouvoir. Comment gouverner ? L’Etat de droit Pour éviter l’usurpation du pouvoir, il y a 3 piliers de la façon de gouverner. Parmi les piliers de l’acte de gouverner : 1- l’Etat de droit. 2- la justice. 3- l’Equité. Cela répond à la question « comment gouverner ? » Gouverner exige donc qu’il soit guidé par 3 notions : Droit, justice, et liberté. Il y a besoin d’un état de droit, où les individus soient protégés contre l’aléatoire, contre l’arbitraire en matière du pouvoir, contre l’autoritarisme étatique. L’Etat de droit c’est l’état contraint et non pas contraignant, contraint par un ensemble de restrictions qui assurent son bon fonctionnement dans le respect total des droits humains. L’Etat de droit c’est l’état qui garde la balance entre le pouvoir et le contre pouvoir. Que ce soit un Etat libéral ou social, Etat gendarme ou Etat -providence ; l’important est qu’il respecte les droits humains dans leur large spectre : Droits individuels, droits économiques et sociaux, droits culturels etc… Peu importe la question de savoir qui de l’Etat républicain ou monarchique est le meilleur, et la question qui consiste à se demander qui des régimes de gouvernement est le meilleur est une question grecque. Tous les régimes de gouvernement sont peu ou prou quasi semblables sauf dans leurs façon de gouverner dans le respect et le règne de la loi. Sont exclus de notre propos les régimes autoritaires et autocratiques. Bien qu’il existe dans le monde arabe des régimes monarchiques et des régimes républicains, mais ce qui fait le différence entre eux c’est la notion de la démocratie et du droit. La justice Cela vient du mot latin Jus qui signifie Droit comme la ligne droite. La notion de la justice est réactivée dans la pensée politique contemporaine par un philosophe américain qui s’appelle John Rawls. Ce dernier, bien qu’inspiré par Aristote dans l’idée de la justice, il a su réinventer cette notion et la réactualiser selon les exigences des sociétés postmodernes et post-libérales. Dans « l’Ethique à Nicomaque » Aristote posait la notion de justice au centre des ses préoccupations politiques, en l’inscrivant dans le registre de la pensée politique moderne. J Rawls ne gardait que l’aspect procédural de cette notion en s’éloignant de son contenu métaphysique. Quel usage Rawls en fait de cette notion ? Tout d’abord ce n’est plus une vertu comme cela était le cas chez Aristote, c’est plutôt une opération, une procédure qui permet d’instituer l’égalité entre les hommes par la redistribution des devoirs et des droits, par le rééquilibrage des charges et des revenus d’une façon à recréer une sociétés sinon égalitaire, du moins juste. Selon Rawls le malaise des sociétés postmodernes, et post -libérales vient du fait que ces mêmes sociétés manquent énormément de justice. Si cela est vrai pour ses sociétés développées, alors que dire des sociétés émergentes et en voie de développement comme la nôtre. Gouverner exige que l’on se dirige de plus en plus vers la justice sociale, et vers une juste redistribution des richesses. Gouvernement de soi et gouvernement d’autrui selon Foucault sont deux processus inséparables. Quels sont les enjeux de cette opération sur le corps, sur l’usage des plaisirs, sur la mort et la naissance ( la biopolitique). Le gouvernement de soi tend à contrecarrer le pouvoir qui s’est métamorphosé en un ensemble de techniques de contrôle. Le gouvernement de soi et des autres nous aide à comprendre nous mêmes, à repenser notre rapport au pouvoir quel qu’il soit. Gouverner est un art, et l’art de gouverner « est, selon son dire, un ensemble de techniques et de stratégies ». Foucault insiste sur le pouvoir plutôt que sur l’Etat. Qu’est-ce que l’art de gouverner selon M Foucault ? Tout d’abord il faut signaler le virage qu’a connu la notion du pouvoir aux environs du 17 siècle : il est passé d’un rapport transcendant et extérieur entre gouvernants et gouvernés à un rapport immanent. le pouvoir est passé pendant cette période du couple loi et souveraineté au gouvernement. D’un rapport de domination à rapport lié à la notion de la souverainté et au concept du territoire. Foucault dit clairement qu’ « on gouverne les hommes et non pas le territoire » page 4 On ne gouverne pas le territoire, mais les hommes. On pense et on agit contre leurs insécurité, leur famine, pour leurs bien être. Le gouvernement dans ce sens s’occupe des humains et non pas des choses, ou si l’on préfère des humains dans leurs rapport aux choses. Quels sont les caractéristiques de l’art de gouverner : – interactivité entre gouvernant et gouvernés. – se concentre sur l’économie et la production de la richesse. – passage de la coertion à la gouvernance et donc le décentrement de l’Etat. C’est dans livre intitulé : Sécurité, territoire et population qu’il entreprend son idée sur l’art de gouverner. L’art de gouverner : concept employé par Foucault pour désigner la tendance du pouvoir aujourd’hui vers un gouvernement t une gouvernementalité. La liberté La notion de la liberté a connu une transformation dans les temps modernes d’une acceptation métaphysique à un acceptation beaucoup plus politico-juridique. Il s’agit aujourd’hui de la liberté comme exercice politique, telle la liberté d’expression, la liberté de conscience, la liberté de penser. Chez les modernes la liberté prend une formulation : c’est à dire l’absence de contrainte ou des contraintes. La liberté est un affranchissement de toutes sortes de soumission, de la domination dans toutes ses formes. La liberté est une notion essentielle pour la compréhension des sociétés modernes et contemporaines où la place de l’individu est centrale. La liberté est aussi une notion politique de la philosophie libérale. C’est elle qui lui permet d’avoir le souci de soi, et aussi un souci des autres : faire ce qui ne nuit pas à autrui. Le rapport est souvent problématique entre la liberté comme auto-affirmation de l’individu moderne, et l’Etat comme institution centrale dans la vie moderne. Pour bien gouverner il faut qu’il existe un agencement entre la raison de l’Etat et la liberté de l’individu. Il des libertés individuelles telle la liberté de conscience, et des libertés collectives telle liberté d’association, la liberté de presse. Plus l’Etat est un Etat de droit, plus le respect de la liberté est important. Puisqu’on gouverne des hommes, on ne peut les gouverner sans qu’ils soient libres. La liberté de choix, de vote, de communication, d’opinion sont les nouvelles formes de la liberté dans le monde contemporain. La notion de liberté chez les modernes est caractérisée par la négation de toute contrainte, et par la participation politique dans les choses publiques. Plus il ya la liberté, moins il ya de risque de l’autoritarisme, et moins il y a de chance de tomber dans le mauvais gouvernement. Cela dit les trois notions vont de pair, le droit assure les dérives autoritaires, la justice empêchent la fracture sociale, la liberté favorise l’auto- affirmation de l’individu et donc la prise de conscience du citoyen.

novembre 23, 2013 - Posted by | Uncategorized

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